La fin du disco pour le poisson-clown

Quand le blanchissement des anémones provoque un gros coup de stress

Merci Disney ! Je n’ai pas besoin de vous présenter le poisson-clown… Le tout mignon roudoudou Némo est dans une mauvaise passe. Des chercheurs du CNRS ont observé qu’il paye cher le blanchissement des anémones de mer.

Toute cette affaire est une histoire de symbiose, avec des effets en cascade. Vous le savez, le poisson-clown a trouvé chez l’anémone une alliée hors pair. Les tentacules urticantes l’abrite et le protège des prédateurs, en échange, le poisson fait un peu de ménage, win-win. L’anémone, décidément motivée par les échanges de bons procédés, a, en plus du poisson, d’autres associés : des algues microscopiques qui, par la photosynthèse, produisent de la matière organique qu’elles partagent avec leur hôte. Coup de blush, les algues mettent aussi un peu de couleur dans leur vie. En contrepartie, l’anémone fournit des sels minéraux.

Mais voilà, quand le climat s’en mêle, notamment quand El Niño fait des siennes et provoque le réchauffement de l’Océan Pacifique, les algues clapsent et les anémones deviennent toute pâles. Pauv’ ti poisson-clown, le blanchissement de sa maison lui file un gros coup de stress. Il se retrouve dans un environnement tellement triste qu’il peine à se reproduire. D’après les biologistes qui ont suivi 52 couples de poissons de 2015 à 2016 dans les récifs coralliens de Polynésie française, le nombre d’œufs chute de 73 % dans les anémones blanchies.

La couleur c’est la vie

Quand les scientifiques s’intéressent à l’état de santé des poissons-clowns, ils constatent que le taux de cortisol, hormone du stress, est en hausse, et les hormones sexuelles, en berne. Un monde sans couleur, c’est la fin du disco !

On vous parle ici du poisson-clown, parce que tout le monde l’aime bien, mais il n’est pas le seul concerné, et de loin. D’après le communiqué du CNRS, « 12 % des espèces de poissons côtiers en Polynésie française dépendent des anémones ou des coraux pour se nourrir ou se protéger des prédateurs. » Ça laisse songeur quand la grande barrière de corail passe à la blanchisserie du changement climatique… Personne n’aime vivre dans un environnement pourri, encore moins y élever des petits, y’a qu’à voir…


Source :

communiqué de presse du CNRS

Cascading fitness effects of thermally-induced anemone bleaching on associated anemonefish hormonal stress response and reproduction, Nature Communications, oct. 2017


 Illustration :

Disco du poisson-clown, bricolage micrologie 2017

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